

Associé chez Jeausserand Audouard, Ronan Lajoux a fait des chiffres sa spécialité, sans jamais perdre le goût des mots. Portrait d’un avocat fiscaliste venu des vignes de Touraine.
À quelques jours de Noël, avenue de la Grande Armée, où le cabinet Jeausserand Audouard a élu domicile il y a dix ans, Ronan Lajoux reçoit Décideurs dans un quartier qui lui est familier. « Nous étions voisins fut un temps ! » , glisse-t-il avec le sourire, avant de reprendre un ton plus sérieux.
Si l’avocat est aujourd’hui installé dans le 17e arrondissement, il a commencé son parcours loin de la capitale. Parisien d’adoption, il grandit au milieu des châteaux et des vignobles, près du domaine de la Taille aux Loups, à Montlouis-sur-Loire. Une région à laquelle il reste attaché pour son terroir autant que pour les souvenirs d’enfance qu’il s’y est forgés. Baccalauréat en poche, il opte pour hypokhâgne, fidèle à son goût pour les lettres. Faute de perspectives professionnelles clairement identifiées, il change de cap en cours d’année et rejoint l’université de Tours en droit, « parce que mes frères étaient dans cette voie ». Une discipline alors méconnue, mais qui l’accroche rapidement : il y découvre la fiscalité. En dernière année de licence, il saisit l’opportunité du programme Erasmus et part étudier à Oslo. « Une expérience fondatrice », résume-t-il.
« En avant Guingamp ! »
Après huit mois passés au « pays du soleil de minuit », Ronan Lajoux quitte la capitale norvégienne pour rejoindre Paris et intégrer le master en droit fiscal de l’université Panthéon-Sorbonne. À l’époque, ce cursus figure parmi les rares formations exclusivement consacrées à la fiscalité et l’oriente vers une spécialisation en fiscalité patrimoniale. Capa en poche, il s’inscrit au barreau des Hauts-de-Seine en 2014. Il revêt la robe et rejoint EY, d’abord comme stagiaire, puis comme collaborateur. Il y passe cinq années, au cours desquelles il découvre les mécanismes de l’actionnariat salarié, encore peu répandus au début des années 2010. Management packages et fonds d’investissement rythment le quotidien de l’avocat, pour son plus grand plaisir. L’envie d’élargir son champ d’intervention le conduit ensuite chez Jeausserand Audouard. « Le cabinet m’offrait une pratique transversale du droit fiscal et transactionnel que j’adore », explique-t-il. Véritable architecte du patrimoine, Ronan Lajoux s’épanouit dans le conseil aux dirigeants à 360°. À l’heure où l’intelligence artificielle accélère l’accès à l’information, il replace la pédagogie et la confiance au centre de son approche.
Parenthèses poétiques
« À ce stade de ma vie, je pense être au bon endroit, avec les bonnes personnes », confie-t-il. Huit ans plus tard, il ne regrette rien. Sa fierté tient à la solidité de son équipe et à la qualité des dossiers traités, mais aussi à l’équilibre qu’il a su instaurer. Citadin la semaine, ce père de famille « passe au vert » le week-end dans sa maison de campagne, où le calme de la nature l’invite à ralentir. Si le stress fait partie intégrante du métier d’avocat, il n’en montre rien. Coureur assidu, il regrette seulement de ne pas trouver le temps de renouer avec le football, son premier amour. Il n’en reste pas moins un fervent spectateur et ne manque aucune occasion de soutenir son club de cœur. « En avant Guingamp ! »
La littérature, « une feinte pour tenter d’échapper à l’intolérable », écrivait Romain Gary dans La Promesse de l’aube, ouvre une parenthèse précieuse dans un quotidien à cent à l’heure. Que ce soit l’histoire de Magellan, racontée par Stefan Zweig, ou les années 1990 au Burundi décrites par Gaël Faye, ce lecteur assidu se nourrit de récits singuliers. De même que l’homme derrière l’avocat se régale à l’idée de devenir un jour sommelier. Un projet qu’il garde pour sa vie d’après, clin d’œil à ses origines et aux richesses gastronomiques de la Touraine.